CampagnesDéclarations

L’EXPULSION DE LA DÉLÉGATION INTERNATIONALE

Le 18 février, sept personnes originaires de cinq pays sont arrivées à Istanbul en tant que membres d’une délégation internationale.

Leur objectif était de recueillir des informations sur les prisons dites de « type puit » ou « fosse » en Turquie et sur les grèves de la faim illimitées organisées pour protester contre ces pénitenciers.

Ils souhaitaient rencontrer des organisations de la société civile telles que des avocats, des ordres d’avocats et des associations médicales.

Ils souhaitaient rencontrer la presse, le quatrième pouvoir.

Ils entendaient rendre compte de leurs observations et rédiger un rapport.

De telles missions internationales d’enquête constituent un droit garanti par le droit international ainsi que par la Constitution turque.

Cependant, les autorités turques ont une fois de plus démontré, selon cette déclaration, leur mépris du droit et des droits humains.

Le 19 février, six membres de la délégation internationale ont été interpellés alors qu’ils marchaient dans la rue après avoir quitté le Bureau juridique du peuple, puis conduits au centre de rétention pour expulsion d’Arnavutköy.

Tôt le matin du 20 février, la délégation a été expulsée.

Les membres de la délégation, qui ont été expulsés :

– Alejandra Matamoros, avocate, membre de la Plateforme contre la répression Barcelone (Espagne)

– Andrea Lucidi, journaliste, Visione TV (Italie)

– Tatyana Desyatova, coordinatrice de l’Interbrigade au CRCF (Russie)

– Dr Nick Krekelbergh, docteur en sciences de bio-ingénierie et représentant de Zannekinbond (Belgique)

– Jean Pascal Graziani, représentant de la revue Supernova et du Front Anti-Impérialiste (France).

– Fernando Garcia, Parti Communiste des Peuples d’Espagne (PCPE)

POLITIQUE D’INTIMIDATION

Que veulent démontrer les autorités turques par cette expulsion ?

1-) Selon cette déclaration, les prisons de type Puits seraient des lieux de torture, et les autorités auraient voulu empêcher à tout prix que ces faits soient révélés.

2-) Elles ne toléreraient rien ni personne qui ne leur ressemble.

3-) Elles auraient agi par crainte. L’État aurait redouté une délégation qui souhaitait simplement rencontrer quelques ONG et journalistes.

Si tel n’était pas le cas, pourquoi l’avoir arrêtée et expulsée en moins de 24 heures après son arrivée en Turquie ?

La délégation n’avait même pas commencé à recueillir des informations.

4-) Il s’agirait d’une tentative d’intimidation visant celles et ceux qui se montrent solidaires des prisonniers et sensibles à leur situation.

L’objectif serait de décourager, de faire taire et d’empêcher la solidarité internationale.

Mais, selon les auteurs de cette déclaration, celles et ceux qui luttent pour les droits, les libertés et la justice défendent des valeurs universelles.

Cette réaction répressive a-t-elle atteint son objectif ?

Au contraire, l’arrestation de la délégation aurait suscité un large écho en Russie et en Italie et aurait fait l’objet d’une couverture médiatique. En Russie, l’agence d’État TASS aurait notamment relayé l’information. Une agence de presse française serait également en train de recueillir des informations sur cette affaire.

Ainsi, l’expulsion précipitée de la délégation démoralisera-t-elle les prisonniers actuellement en grève de la faim illimitée dans ces prisons ?

Ou, au contraire, renforcera-t-elle leur détermination ?

Les auteurs appellent toutes les personnes, institutions et organisations progressistes et démocratiques à travers le monde à se solidariser davantage avec les prisonniers concernés.

Vive la solidarité internationale !

L’internationalisme est la fraternité des peuples.

Le Front Anti-Imperialiste

You may also like

Leave a reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

More in:Campagnes